La tsedaka en direct - Vaad harabanim

La tsedaka en direct

7/3/5778 18.02.2018

Pourim. Des milliers de familles vont recevoir l’aide dont elles ont tant besoin. L’un des délégués du Vaad Harabanim qui distribue les Matanot Laevyonim aux nécessiteux se confie. Interview de Dror, qui témoigne de ses joies et de ses peines aux côtés de nos frères en détresse.

Le Vaad Harabanim met en place une organisation hors norme durant la fête de Pourim. L’un de ses soucis : distribuer, en main propre, les Matanot Laevyonim. Pour ce faire, il nomme des délégués qui se rendent le jour même auprès de chaque famille pour leur remettre le don. Dror est l’un d’entre eux. Pour lui, distribuer les  Matanot Laevyonim  est une mission cruciale. Bénévole, il sillonne son quartier, témoin ému de ces moments de vie uniques. Vivons à ses côtés ces rencontres intenses, pleines de joie, même si elles peuvent parfois être teintées de tristesse.

purim_5778_E_06Comment devient-on délégué du Vaad Harabanim ?

Etant l’un des participants actifs du Vaad Haranim, je n’ai pas hésité une seconde lorsqu’on a fait appel à moi pour distribuer les dons. Pour moi, il s’agit d’une véritable mission auprès des personnes en marge qui souffrent de toutes sortes de maux. Je suis bénévole et heureux de l’être car je sens que j’aide vraiment mon prochain.

Quand distribuez-vous les dons de Matanot Laevyonim ?

Une petite partie est distribuée avant Pourim grâce à des chèques postdatés qui seront utilisés le jour même.  La partie principale des dons est distribuée le jour de Pourim et c’est mon principal travail. Toute ma famille sait qu’immédiatement après la prière et la lecture de la Méguila, de bon matin, je dois m’absenter pour faire la distribution. Je reviens toujours rempli d’émotions, avec la joie d’avoir transmis l’aide magnifique du peuple juif et la peine de voir tant de gens qui souffrent.

Lorsqu’on vous ouvre la porte, les enfants sont-ils déguisés ? Quelle est l’ambiance à la maison ? Y a-t-il de la musique ?

Il est toujours très émouvant de frapper à une porte, en sachant que vous allez participer à rendre heureux une famille, et en particulier des enfants. Chaque ambiance est différente. Comme la distribution a lieu tôt le matin, les enfants ne sont pas toujours déguisés. Deux catégories de familles existent.

La première vit ce jour dans une atmosphère de fête malgré les épreuves traversées. Il y a de la musique, les enfants portent des déguisements (même s’ils sont un peu usés). Malheureusement, d’autres sont beaucoup plus tristes. Elles sont effondrées à cause du fardeau qu’elles portent. On ne sent ni joie ni entrain.

Lorsque vous vous trouvez devant la porte, l’enveloppe dans la main, à qui la donnez-vous ?

Seulement à un adulte. Si c’est un enfant qui m’ouvre, je lui demande d’appeler l’un de ses parents. Au départ, les gens sont un peu méfiants et se demandent qui est l’homme qui vient frapper à leur porte si matinalement ! Après avoir vu le logo du Vaad Harabanim sur l’enveloppe, ils deviennent en général très souriants.

purim_5778_E_05Les parents sont-il gênés, cachent-ils à leurs enfants le contenu de l’enveloppe ?

Je l’ignore car je ne m’attarde pas. Je transmets l’enveloppe, je souhaite un joyeux Pourim et je quitte les lieux. Il est important de respecter chacun afin d’éviter tout malaise. Il m’est arrivé d’entendre des manifestations de joie derrière la porte, et des remerciements envers Hachem.

Quelle situation a été émouvante ou joyeuse ?

Une fois, j’ai déposé une enveloppe à une veuve qui a  des enfants malades, et dont le toit de la maison s’est effondré. L’appartement ressemblait plus à une ruine qu’à autre chose. Le Vaad Harabanim s’est occupé de faire les réparations nécessaires et de rénover ce qui devait l’être. La famille a retrouvé un toit (au sens propre comme au sens figuré) digne de nom. C’était en même temps émouvant et joyeux. Je ressens toujours un pincement au cœur quand je quitte un foyer dans la détresse et à laquelle j’aurais voulu donner plus.

Pourrriez-vous renoncer à votre mission ?

Pour rien au monde ! C’est pour moi une expérience extraordinaire de pouvoir être l’envoyé du peuple juif, de pouvoir distribuer la tsedaka à mes frères juifs. Rien ne peut remplacer cela et j’espère pouvoir le faire le plus longtemps possible…

Alors, n’hesitez plus une seconde et envoyez vos Matanot Laevyonim pour rejouir des milliers de nos frères

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