Au son du shofar, La prière 4 heures avant Roch Hachana - Vaad harabanim

Au son du shofar, La prière 4 heures avant Roch Hachana

13/13/5774 08.09.2014

C’est à Roch Hachana que sont fixés les événements de l’année à venir. Les joies et les drames. Les naissances et les morts. Les réussites et les faillites. Ces jours, marqués par le sceau divin, sont décisifs pour le peuple juif dans son ensemble comme pour tous ceux qui le composent. Comment les aborder ? La réponse a été donnée il y a cinq ans par Rav Elyachiv qui a instauré une prière spéciale devant le Kotel. Suivons les Guedolim pour cette tefila exceptionnelle…

 

 

Rav Azriel Auerbach pose son livre d’étude et se lève, avant de mettre son chapeau et d’enfiler son manteau. Il fait encore jour et Roch Hachana commence dans quelques heures. Il sait que plusieurs de ses élèves l’attendent pour l’accompagner au Kotel.

Rav Reouven Elbaz vient de finir une réunion à la Yechiva. Tout le monde regrette son départ, si proche du début de la fête. Mais il s’est engagé à se rendre au Kotel alors que le soleil amorce son coucher. Il n’a pas une minute à perdre, le voici déjà en route.

L’Admour de Rahmastrivka n’a pas le temps de dire au revoir à ses ‘Hassidim. Après une journée très chargée, il se dépêche de finir l’organisation des prochains jours avant de rejoindre un myniane très spécial qui va bientôt commencer. Plus que vingt minutes avant le début de la prière au Kotel.

Tous trois rejoignent d’autres sommités rabbiniques devant le mur des Lamentations. Tous poursuivent le même objectif : consacrer les dernières minutes avant la fête à leurs frères juifs, pour infléchir la justice divine et obtenir Sa miséricorde. Chaque pas vers le Kotel les rapproche de leur mission commune. Malgré leurs responsabilités, ils n’ont pas hésité une seconde. Car pour eux, les priorités sont claires. Prier pour les donateurs du Vaad Harabanim, qui organise chaque année une prière spéciale quelques heures avant Roch Hachana, est un rendez-vous qu’ils ne manqueraient à aucun prix. Car la solidarité au sein du peuple juif est une valeur fondamentale, en particulier avant le jour du Jugement qui fixera ce qui nous attend pour toute l’année.

Ponctuels et recueillis, d’autres Rabbanim arrivent. C’est maintenant Rav Yaakov Hillel qui se présente dans l’endroit consacré à la prière du Vaad Harabanim, juste en face du Saint des Saints. Puis l’on distingue Rav Chmouel Auerbach, l’Admour de Lelov et l’Admour de Karlin. Le regard pur et le pas sûr, ils sont venus représenter le peuple juif devant son père céleste afin de L’implorer dans ces moments intenses juste avant le début de la fête.

 

Le shofar retentit

 

La fête de Roch Hachana se distingue par la sonnerie du shofar. Pour nous sortir de notre torpeur et nous inciter à la techouva, la corne de bélier est sonnée à plusieurs reprises durant les différents offices. Qui aurait pu imaginer l’année dernière qu’autant de sirènes allaient retentir dans le pays, annonçant le danger imminent de missiles destructeurs ? Qui aurait pu imaginer donner naissance à des jumeaux, reprendre l’affaire familiale ou commencer une nouvelle carrière ?

Le shofar nous délivre un message fort : concentrons nos efforts pour plus de justice, éveillons notre âme aux besoins de l’autre. La tsedaka, la tefila et la techouva renversent les mauvais décrets. Durant la prière au Kotel, les Rabbanim sont unis pour élever leurs voix vers le Ciel. Ils souhaitent consacrer au peuple juif les derniers moments avant le début du jugement car ils connaissent l’importance de ces instants. C’est ainsi que commence la prière. Même si l’on ne sonne pas encore du shofar, les voix de nos Sages résonnent comme autant de tekioth et de chevarim. Semblables à des gémissements, les mots des Sages s’élèvent devant le Mur. Les yeux pleins de larmes, ils implorent le Roi des rois afin qu’Il accorde à Son peuple une année de bonheur et de délivrances. Eux qui connaissent de si près les souffrances des enfants d’Israël, ils ouvrent leur cœur et expriment leur amour pour chacun de leurs fils. Des images défilent devant eux : de jeunes orphelins privés de leur mère, mais aussi des parents éplorés après la perte d’un enfant. Des personnes ruinées, d’autres désorientées, des malades en danger de mort, d’autres abandonnés dans des maisons de retraite. Ils ont une pensée pour chacun d’entre eux et pour tous ceux qui souffrent d’autres maux. Ils frissonnent en invoquant le Tout-puissant avant de Lui présenter un plaidoyer vibrant. Toute leur énergie est concentrée afin d’évoquer les liens d’amour indéfectible entre le peuple juif et son Roi. Les sanglots de leurs cœurs s’élèvent jusqu’au trône de gloire dans cette prière qui vient du fond de l’âme. Rien ne peut former d’écran entre le Ciel et nos Grands Sages. Car c’est l’amour pour chaque Juif qui est leur dénominateur commun. Ils rétablissent par leurs mots, shofars puissants et lumineux, le contact entre D.ieu et Son peuple. Ces mots vibrants culminent dans l’unité de leur prière. Chargés de l’émotion et de la force de ces géants de la Thora, ils subjuguent l’assistance nombreuse venue prier aux côtés des Rabbanim.

 

Le crépuscule de l’aube

 

 

La nuit va bientôt tomber. Avec elle, c’est le jour du jugement qui va commencer. Les Rabbanim adressent une dernière supplique en faveur des donateurs qui font tant de bien à leurs frères dans la douleur. Ils consacrent un « Michebera’h » spécial pour eux, pleins de reconnaissance pour leur action au côté du Vaad Harabanim. Ils doivent maintenant repartir afin de se consacrer à leurs communautés, pour diriger des offices aux quatre coins de la ville. Les délégués du Vaad Harabanim vont alors citer tous les noms des hommes et des femmes généreux qui font de l’empathie une règle de vie. Le cœur serré, ils présentent leurs requêtes, une par une, en ayant à l’esprit chaque difficulté dépassée, chaque enfant sauvé, chaque faillite évitée grâce à leurs gestes. Ces actes de bonté sont autant de mérites pour les donateurs, qui, même à plusieurs milliers de kilomètres, et souvent sans être conscients de la portée de leur acte, peuvent s’enorgueillir d’avoir à leur crédit tant de joyaux spirituels. Durant toute une année, ils ont soutenu, aidé, consolé ceux qui souffraient dans le silence. Ils ont fait de leur crépuscule un nouveau départ et ont transformé l’obscurité en lumière. Pour tous ceux-là, le Vaad Harabanim et les Grands Sages dédient chaque année cette prière initiée par Rav Elyachiv. Et chaque année, les demandes sont plus nombreuses car les Juifs du monde entier veulent à tout prix y participer. Ces requêtes affluent durant toute la journée, et encore quelques minutes avant la fin de la prière. Quelle preuve de confiance ! Quel engagement puissant de tout le peuple juif, conscient de l’importance de ces minutes cruciales ! Et alors que le soleil se couche sur Jérusalem, un espoir renaît de ces cendres, par le mérite de la solidarité juive.

 

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