Compte de l’omer : Pour un face à face avec D.ieu - Vaad harabanim

Compte de l’omer : Pour un face à face avec D.ieu

8/2/5770 17.03.2010

15 nissan 2448. Un peuple, composé de 6 millions d’hommes, esclaves depuis 210 ans, sort la tête haute du pays de son oppresseur. L’Egypte, la puissance la plus importante de l’époque, a capitulé devant la puissance du protecteur des Juifs, le Saint Béni soit-Il. Le monde est en état de choc. Bientôt, les enfants d’Israël vont recevoir la Thora, ce qui constitue l’événement historique le plus important depuis la création du monde. Le second jour de Pessa’h, le décompte commence jusqu’à Chavouoth : 49 jours pour recevoir la Thora, 49 degrés d’ascension spirituelle, 49 jours de prière. Perspective.

 

Durant des centaines d’années, les Juifs, asservis, durent faire face aux tortures les plus cruelles et aux sévices les plus barbares. Héroïques, ils restèrent intègres et ne trahirent pas leur identité. Peu d’entre eux souhaitaient s’assimiler à l’oppresseur. Pourtant, l’existence sous le joug de Pharaon était tragique. Les nourrissons arrachés à leurs mères, étaient sauvagement assassinés devant elles afin d’être utilisés comme briques pour la construction des villes royales. Les hommes devaient, outre leur tâche harassante de construction, s’occuper de bêtes sauvages qui les dévoraient sans pitié. Les femmes, exténuées, étaient obligées d’accomplir les travaux des champs sous un soleil de plomb.

Les larmes coulaient sur les joues des oppressés. L’espoir de sortir un jour de cet enfer était mince. Mais Hachem avait promis. Hachem souffrait avec eux. Hachem ne les avait pas oubliés. Le « kour habarzel », le creuset de fer dans lequel les Juifs étaient plongés, devait leur permettre de devenir autres. Autres pour reconnaître la puissance de D.ieu et comprendre les miracles représentés par les dix plaies, autres pour sortir d’Egypte avec la foi chevillée au corps, mené par Moïse. La liberté acquise au prix fort, par des esclaves défaits de leurs chaînes par leur pouvoir d’espérance, allait devenir nouvelle. Grâce à leur abnégation, les enfants de Jacob allaient découvrir la liberté d’être sous le joug divin, chaque jour de leur vie.

 

Sans eau et sans nourriture

 

Les Juifs devaient se couper de la culture égyptienne et se débarrasser de l’impureté dans laquelle ils avaient baigné durant tant d’années. Ainsi, l’exil dans lequel ils avaient vécu ne cessa pas du jour au lendemain et c’est seulement lorsqu’ils retrouvèrent la Présence divine, avec le don de la Thora, qu’ils revinrent au degré de pureté et de sainteté que les Patriarches avaient atteint.

Avant de parvenir au Mont Sinaï, le peuple entier devait accomplir une ascension progressive jusqu’au jour du « matan Thora ».

Durant cette période initiatique de 49 jours, du second jour de Pessa’h jusqu’à celui de Chavouoth, les échelons furent montés un par un. Des balises aidaient les enfants d’Israël à ne pas se perdre dans les méandres de la progression spirituelle. Les miracles de la mer des joncs et les nuées accompagnatrices leur permirent d’enraciner la foi au plus profond d’eux-mêmes. La manne et les puits de Myriam constituaient des secours puissants, dans le désert aride, d’où ils devaient régulièrement lever le camp. Chaque jour, ils se purifiaient davantage. Chaque homme se sentait comme un ‘hatan qui allait retrouver sa fiancée. L’état de conscience était supérieur : il s’agissait bien là de la « génération de la connaissance ».

 

 

Le face à face avec D.ieu

 

Le compte de l’omer retranscrit l’émotion particulière qui nous étreint avant de recevoir la Thora. Semblables aux enfants d’Israël après la sortie d’Egypte, nous avons conscience des miracles. Grâce à une sensibilité renouvelée, nous pouvons voir l’intervention divine dans l’histoire. Histoire du peuple juif en général et histoire personnelle en particulier. Qui n’a pas assisté à des prodiges dans sa vie de tous les jours ? Qui ne peut témoigner de l’attention particulière dont nous gratifie Hachem ? Cette lucidité, nous l’acquérons par le compte des 49 jours : au fur et à mesure que l’on se rapproche de Chavouoth, on accède à un nouvel état de conscience.

Grâce à cette clairvoyance, nous tendons à ressembler à cette génération du désert, qui fut si proche d’Hachem et qui mérita le plus beau des cadeaux, la Thora éternelle. Nos prières sont de plus en plus intenses et vraies. Cette période est propice pour que nos voix, comme un cri dans le désert, puisse percer les cieux et interpeller le Tout-puissant.

Pourquoi la fête de Chavouoth est-elle également appelée « Atsereth », qui signifie « fin » de la période entre Pessa’h et Chavouoth ? Car d’après Na’hmanide, tous les jours qui séparent Pessah’ de Chavouoth sont considérés comme un grand ‘hol hamoed.

Ces 49 jours sont donc destinés à la prière et sont privilégiés pour un rapprochement avec D.ieu, grâce au face à face qui eut lieu, il y a plus de 3000 ans.

Des envoyés spéciaux, Talmidé ‘Ha’hamim dont le souci premier est le bien de tout le peuple juif, se rendront sur les lieux saints du judaïsme afin de prier pour votre santé, pour votre parnassa et pour vos enfants. Ils iront sur la tombe de Chimon Bar Yo’haï à Méron, sur celle de Rabbi Méïr Baal Hanes à Tibériade et au Kotel, vestige du Temple vers lequel nous nous tournons chaque fois que nous appelons Hachem pour notre salut. Pour vous associer à leur prière, cliquez ici.