Interview de Rav Yehouda Ades - Vaad harabanim

Interview de Rav Yehouda Ades

13/26/5771 25.09.2011

Rav Yehouda Ades est l’un des grands dirigeants spirituel de notre temps. Roch Yechiva de Kol Yaakov, il préside aux grandes décisions concernant le peuple juif aux côtés des Guedolim de la génération. Ses immenses connaissances, son regard avisé et son amour pour ses frères font de lui un repère incontournable au sein de la société israélienne. Il a bien voulu répondre à nos questions, réitérant son soutien indéfectible au Vaad Harabanim. Nous remercions Rav Ades, homme de Thora et d’engagement, pour sa sollicitude et son aura particulière.

 

Vaad Harabanim : Quels sont les liens que vous entretenez avec le Vaad Harabanim ?

Rav Yehouda Ades: Pour exprimer au plus juste la teneur de ma relation avec l’Association de tsedaka, je voudrais d’abord vous faire part d’un machal : imaginons qu’un homme, dans une île déserte, muni seulement d’outils et de ses connaissances en aéronautique, veuille entreprendre la traversée de l’Atlantique en avion. Il ne dispose que de ses mains et de son savoir pour accomplir l’immense tâche qui l’attend. S’il parvient à construire l’avion, il doit ensuite apprendre à le piloter. Des mois ont passé : il dispose maintenant de son engin et sait s’en servir. Mais il lui faut encore construire la piste de décollage. Une fois le défi relevé, cela fait plusieurs années qu’il travaille sur ce projet. Il est prêt pour le décollage.

Pour un homme du littoral, tous les efforts de projection, de construction, de réalisation sont inutiles. Il n’a qu’un seul geste à faire pour profiter de toutes les infrastructures existantes : téléphoner à sa compagnie aérienne. Avec sa carte bleue, il règle le billet d’avion et se rend ensuite à l’aéroport. L’embarquement est la prochaine étape de son périple. En quelques heures, il peut déjà avoir atteint sa destination. Il a voyagé dans un airbus sophistiqué, disposant de la science de dizaines d’ingénieurs et de la technologie d’usines perfectionnées.

 

Vaad Harabanim : Pouvez-vous nous éclairer sur le sens de ce machal ?

Rav Yehouda Ades : Il est très simple : lorsqu’un Juif veut adresser de la tsedaka, il est semblable à l’homme sur l’île déserte. Il ne dispose que de la somme qu’il veut engager et de sa volonté propre. Il peut aider une personne en difficulté de façon ponctuelle. S’il est plus aisé, il pourra peut-être en aider plusieurs, et durant une plus longue période. Mais en aucun cas, il ne pourra secourir des milliers de familles, chacune selon ses besoins propres. Alors qu’un homme seul sur une île déserte devra passer des années avant de réaliser son rêve, celui qui dispose des services d’une Organisation jouira instantanément de tous les avantages qu’elle présente. Le donateur du Vaad Harabanim se trouve dans la même situation que l’homme du littoral : la compagnie d’aviation à laquelle il fait confiance a été approuvée par les professionnels et le public. C’est le cas pour le Vaad Harabanim : soutenu depuis sa création par l’ensemble des Guedolé Israël, il bénéficie d’un plébiscite international car il réunit les compétences nécessaires à la réalisation du projet cher à des milliers de donateurs dans le monde. Le Vaad Harabanim permet chaque année à un nombre infini de familles dans la détresse, de malades désœuvrés, de chômeurs désargentés, de grands talmidé ‘ha’hamim en difficulté de retrouver une existence normale.

 

Vaad Harabanim : Le donateur est l’un des acteurs de cette « entreprise » ?

Rav Yehouda Ades : En achetant son billet d’avion, le passager sait qu’il va bénéficier de nombreux services. C’est sa participation à tout ce qui se cache sous la banale carte d’embarquement, de la construction de l’avion à proprement parlé jusqu’au café servi par le steward. De la même manière, le don effectué au Vaad Harabanim donne en fait accès à toute une organisation. On fait un geste presque anodin. Mais on participe en fait à une œuvre sublime. Grâce à elle, la génération entière est propulsée sur des hauteurs spirituelles infinies. L’individu peut dès lors prétendre, malgré ses moyens limités, atteindre les sommets de la construction gigantesque entreprise par le Vaad Harabanim. S’associer à elle, c’est s’élever grâce à tous les mérites qu’elle octroie.

 

Vaad Harabanim : Comment interprétez-vous les récits des délivrances obtenues par le mérite de la tsedaka qui parviennent au Vaad Harabanim ?

Rav Yehouda Ades : Pour moi, le phénomène délivrances s’explique facilement : comme nos Sages l’expliquent, « la tsedaka sauve de la mort » : quand on donne à la tsedaka, nos mérites changent nos destinées.

Durant Roch Hachana, la principale prière concerne la vie : « Mentionne-nous pour la vie, ô Toi, roi qui a choisis la vie, pour Toi, D.ieu de vie ». Y-a-t-il quelque chose de plus efficace que de donner la tsedaka au Vaad Harabanim qui remet sur pied des milliers de familles ? Je souhaite une année pleine de vie à tous les donateurs et fais en cette veille de Roch Hachana un appel spécial aux communautés de France. Ces dernières années, j’ai eu le mérite de me rendre à plusieurs reprises en France. Un recueil entier serait nécessaire pour raconter l’accueil, la gentillesse et la bonté des personnes que j’ai rencontrées. Chaleureux et tournés vers les autres, les Juifs français ont une émouna profonde et sont animés par l’amour des talmidé ‘ha’hamim. C’est pour moi un mérite et un plaisir immense de me tourner vers vous pour vous demander de prendre part à l’œuvre du Vaad Harabanim : D.ieu décrétera pour tous ceux qui aident les indigents de longues et bonnes années, marquées par le sceau de la techouva et du rachat de nos fautes. Des années pleines de satisfactions apportées par nos descendants et bénies d’une « parnassa be chefa ». Je finirai par la bénédiction rapportée par la Thora au nom de Moché Rabbénou : « Hachem vous le rendra au centuple, et Il vous bénira comme Il vous l’a dit, Ken yeratson venomar amen ».

 

Tiré d’une interview de Rav Ades