La lettre du Rabbi Chimchon Ostropoli - Des mots de feu sur une mer de larmes - Vaad harabanim

La lettre du Rabbi Chimchon Ostropoli – Des mots de feu sur une mer de larmes

7/29/5774 31.03.2014

Rabbi Chimchon Ostropoli est une figure héroïque du peuple juif. Durant des pogroms particulièrement sanglants, il perdit la vie « al kidouch Hachem ». Malgré les souffrances et les tourments, il légua à toutes les générations une lettre unique dont les mots ont le pouvoir de changer des mondes. Quelques heures avant le seder, unissons-nous en lisant cette lettre afin que les mots du tsadik illuminent notre Pessa’h, pour la délivrance finale.

C’est parce que Hachem aime Son peuple qu’Il l’éprouve. C’est ce qu’affirmait le Rabbi Ostropoli avant sa mort exemplaire en chantant le « Chema Israël » alors que des hordes de cosaques sauvages s’abattaient sur lui et sa communauté dans une ville de Pologne, au 17e siècle. L’amour d’Hachem illuminait le visage saint de Rabbi Chimchon. Kabbaliste réputé, il avait reçu par inspiration divine des révélations sur la délivrance finale. Parce qu’il avait accès à cette sagesse supérieure, il rédigea une lettre destinée à toutes les générations aux quatre coins du monde. Il recommanda à ses fils à travers les siècles de lire cette lettre la veille de Pessa’h, en leur promettant qu’elle les protègerait de tout mal. Il enjoignit les Juifs les plus simples à lire ce texte plein de secrets ésotériques, même si ceux-là restaient hermétiques pour le plus grand nombre. Car même celui qui ne peut saisir la profondeur et l’élévation ultime de ces mots de feu a le pouvoir, en les récitant, de bouleverser les mondes supérieurs. C’est l’héritage surnaturel que légua le Rabbi d’Ostropoli, dont la majorité des œuvres saintes ont brûlé dans le brasier des pogroms.

 

 

Une mer de larmes

 

 

Comme en Égypte, l’exil semble ne pas avoir de fin. Comme en Égypte, les Juifs souffrent et implorent. Comme en Égypte, leurs larmes forment une mer dont les vagues secouent les fragiles embarcations des plus fidèles survivants.

Mais comme en Égypte, la délivrance aura lieu. Elle illuminera les visages des enfants et ceux des veuves. Elle transportera de joie les hommes et leurs fils dont les frêles épaules ploient sous les souffrances. Rabbi Chimchon le savait et, malgré les épreuves de son temps, voulait donner une leçon d’espoir. C’est pourquoi il rédigea cette lettre qui nous est parvenue par miracle, malgré la destruction et le temps. Il précisa que celui qui lirait cette lettre avant la fête de Pessa’h, qui préfigure la délivrance finale, permettrait justement de la hâter. Et c’est pourquoi le Vaad Harabanim propose à tous les Juifs, quel que soit l’endroit où ils se trouvent, de prendre leurs Haggadoth et de lire cette lettre quelques heures avant le seder.

 

 

Celui qui comprend chaque mot

 

 

Si tout Juif doit lire cette lettre même sans la comprendre, comme est précieuse la lecture de celui qui en saisit chaque nuance ! Alors que les rues se vident à l’approche de la fête et que les ménagères apportent une dernière touche à leur travail colossal, un homme est seul, recueilli devant un texte. Cet homme, c’est Rav Haïm Kanievksy. Penché dans le clair obscur de son bureau, il consacre de longues minutes à prononcer chaque mot avec une attention particulière. C’est que les notions qui sont exposées dans le texte saint qu’il est en train de lire et qui cachent des secrets insondables sont pour lui claires comme de l’eau de roche. Il sait interpréter, saisir les allusions, approfondir les significations et prononcer chaque syllabe en leur donnant tout leur sens. Et alors qu’il ne se dérobe jamais un seul instant de la présence de son Créateur, alors que pour lui chaque minute est une éternité spirituelle, Rav Haïm prend son temps et s’absorbe dans la lecture de la lettre de Rabbi Chimchon. C’est comme si Bné Brak et Ostropole ne faisaient plus qu’un. C’est comme si ces deux géants de la Thora ne formaient plus qu’une seule âme. Et de cette union inspirée et grandiose naît le renouveau que nous attendons tous, et qui passe par l’amour du prochain. Car au sommet de cette lecture fervente, résonne l’écho de la voix du tsadik qui n’oubliait jamais ses frères dans la douleur. Rav Haïm pense alors à tous ceux qui ont encore une fois sacrifié leur bien pour les autres, en pensant à leur offrir la « kim’ha de piss’ha », ce don au pauvre pour la fête de Pessa’h. Il bénit alors tous les donateurs, dans une bra’ha qui ressemble fort à un chant.Associez-vous à lui, la veille de Pessa’h, deux heures avant l’entrée de la fête, avec les autres Guedolim qui participeront également à cette lecture. Et soyez bénis dans ce moment si précieux.