La voix de la détresse - Vaad harabanim

La voix de la détresse

12/24/5776 28.08.2016

La rentrée s’annonce pour nous tous pleine de promesses et de joies. Mais pour certains, c’est une époque difficile où il faudra affronter de nombreuses épreuves. A nous de tendre l’oreille pour entendre leur histoire. Car derrière les apparences trompeuses d’un quotidien banal se cache la voix de la détresse.

A l’approche de la rentrée, la joie est dans tous les foyers : les écoliers retournent sur les bancs de l’étude, avec leurs nouveaux cartables qui regorgent de trésors. L’excitation est palpable et nos chérubins ont hâte de retrouver leurs amis et leurs professeurs. Pour certains pourtant, la rentrée n’est pas synonyme de bonheur.

Face à face avec la détresse

Naomie est une petite fille de six ans. Elle rentre en CP et vient de recevoir un cartable que Rivka, sa maman, lui a acheté quelques jours avant son accident. Elle lui avait promis qu’elles allaient ensemble préparer les livres et les cahiers, les couvrir et tout ranger dans son beau cartable. Mais trois semaines avant la rentrée, Rivka eut un malaise et fut transportée d’urgence à l’hôpital. Le lendemain, elle décédait des suites d’un AVC. Des proches arrivèrent à la maison mais Naomie ne comprenait pas l’agitation soudaine autour d’elle. Elle ne savait pas où était sa mère.

Ce soir-là, elle se demanda ce qui était arrivé sans comprendre l’ampleur du drame qui se jouait. Elle attendait sa maman afin de commencer ses préparatifs et demanda naïvement à son père : « Papa, pourquoi maman ne revient pas ? Quand est-ce qu’elle rentre à la maison ? » Chmouel la serra dans ses bras, impuissant, et tous les frères et sœurs commencèrent à pleurer amèrement. Naomie semblait déconnectée de la réalité. Elle ne réalisait pas ce que signifiait cette disparition subite. Elle ne comprenait pas que sa maman ne serait plus à ses côtés aux fêtes de fin d’année, ni le jour de la rentrée. Elle ne comprenait pas que sa maman ne pourrait plus la gâter ni lui raconter une histoire le soir avant de l’embrasser. Dans sa chambre, elle regardait la photographie de sa maman, durant les vacances, à la mer. Elle observait son visage souriant et des larmes coulaient de ses yeux d’orpheline. Il lui restait son cartable, qu’elle voulait prendre partout avec elle, comme s’il pouvait conjurer le sort. Il lui restait ses beaux habits du premier jour de l’école, qu’elle porterait en se demandant pourquoi sa maman ne viendrait pas la chercher à la fin de la journée.

Malgré tous ses efforts, Chmouel ne sera pas en mesure d’assumer la totalité des frais provoqués par ce drame. Il devra jouer le rôle de deux parents, travailler, s’occuper du foyer, et donner à ses enfants le réconfort nécessaire. Naomie a tant besoin de lui. Lorsque le soir, il borde son lit, il la serre fort dans ses bras en lui répétant, autant pour elle que pour lui-même : « Courage ma chérie ! De là-haut, maman prie pour nous, et nous parviendrons à nous en sortir… »

Aujourd’hui, un long processus attend Naomie. Elle a besoin d’aide psychologique, de soutien scolaire, de personnes qui la soutiennent au quotidien. La rentrée sera pour elle totalement différente et malheureusement très perturbée. Elle devra faire face à une nouvelle réalité, difficile, et être très courageuse. Son père trouvera t-il les moyens de lui apporter l’aide indispensable qui lui permettra d’affronter sa nouvelle vie ?

Naomie, comme tant d’autres enfants dans la détresse, a besoin de notre aide. Confrontés à une réalité oppressante, ces enfants attendent la délivrance qui pourrait alléger leur fardeau. Roch ‘hodech Eloul correspond cette année à la rentrée scolaire. Une date forte pour nous tous, qui souhaitons tant que nos enfants soient protégés de tout mal.

En préparant notre rentrée, nous pouvons également participer à celle des autres, et entendre leurs voix brisées de sanglots appeler au secours cliquez ici pour les aider.