Le chant de la délivrance - Vaad harabanim

Le chant de la délivrance

8/6/5782 07.04.2022

On parle beaucoup de l’Ukraine aujourd’hui. Ce pays fut le théâtre des pogroms parmi les pires de notre histoire. En 5408 (1648), les Cosaques ukrainiens massacrèrent des centaines de communautés juives. L’une d’entre elles, celle de Rabbi Chimchon, mourut en martyre pour la Sanctification du Nom. Avant de disparaître, le Tsadik laissa une lettre qui nous révèle des secrets de Thora pour garder la Emouna, et nous protéger de tous les dangers.

Les Cosaques avaient encerclés la ville. Ils réunirent les Juifs à l’intérieur de la synagogue, bien décidés à les convertir de force.  Il y avait des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants. Parmi eux, se trouvait le Saint Rabbi d’Ostropoli. Les hommes chantaient afin de donner du courage au peuple. La foule reprenait en chœur : « Que se lève contre moi toute une armée, je ne craindrai rien. Que se dresse contre moi tous les guerriers, et je garderai mon assurance. » Les Juifs gardaient courage et pas un enfant ne pleurait. La nature était belle et le soleil brillait, rappelant la  grandeur de la création divine. Les Juifs regardaient vers le ciel, et déjà leur âme s’élevait vers l’azur alors que leurs chants déchirants atteignaient les cieux. Les captifs étaient animés d’une foi inébranlable et la flamme de la Thora brillait dans leurs yeux. Rabbi Chimchon d’Osropoli vibrait d’une immense ferveur, et entonna le Hallel. « Louez D.ieu, louez les serviteurs de D.ieu, louez le Nom de D.ieu. » Transportés par les chants, les Juifs ne virent pas que les Cosaques les entouraient de façon menaçante. Les Ukrainiens brandissaient des poignards mais la communauté chantait toujours les Psaumes. Le chef ennemi proposa la conversion. Mais les Juifs n’entendaient rien et continuaient dans leurs chants de louange au Tout-Puissant. Alors que les premiers Juifs furent massacrés, un Cosaque mit le feu à la synagogue. Les Ukrainiens sortirent et fermèrent les portes. C’est ainsi que périt à Polonnoye toute la communauté ainsi que le Saint Rabbi Chimchon d’Ostropoli.

Un héritage pour toutes les générations

Le Rabbi Chimchon d’Ostropoli fut l’un des grands Sages de sa génération. Il connaissait les révélations du Ari zal et a laissé en héritage une lettre contenant ses secrets.  Rabbi Nathan Hanover, l’un de ses élèves, a retrouvé cette lettre et l’a diffusée dans le monde juif. Il écrit : « Un ange divin venait tous les jours étudier les secrets de la Thora avec le mekoubal notre maître Rabbi Chimchon d’Ostropoli. » Cet enseignement nous est parvenu et figure aujourd’hui dans toutes les Hagadot. Chaque Juif peut lire cette lettre avant le Seder de Pessa’h, comme l’a recommandé Rabbi Chimchon. Car cette lettre contient une promesse : nous délivrer des dangers et de la mort.

Des âmes unies

Rabbi Chimchon révéla dans sa lettre la signification cachée des plaies d’Egypte, selon l’interprétation du Ari zal. Grâce à ce précieux témoignage, nous pouvons annuler les mauvais décrets, comme indiqué par Rabbi Chimchon, même si nous ne comprenons pas toutes les explications des secrets de la Kabale : « Celui qui lira cette lettre le soir de Pessa’h sera protégé toute l’année, sauvé de toute embûche, de mort subite et d’agression. Il sera libéré de ses ennemis et verra la réussite de tous ses projets. » C’est ainsi que se termine la lettre du Tsadik. En écho à cette voix puissante, un autre Tsadik se préparait chaque année au Seder de Pessa’h en lisant la lettre de Rabbi Chimchon. Il s’agissait de Rav Haïm Kanievsky. Sa disparition nous laisse aussi tristes que désemparés. Afin de poursuivre son œuvre, Rav Gross a décidé de marcher sur ses pas. C’est lui qui lira cette année la lettre de Rabbi Chimchon. Ce Talmid ‘Ha’ham et kabbaliste réputé s’enveloppera de son Talith pour perpétuer l’action de son illustre prédécesseur.

C’est bientôt la sonnerie qui annonce le début de la fête, Rav Gross pense à Rabbi Chimchon et à Rav Haïm. Quelle émotion d’être le trait d’union entre ces deux géants de Thora ! Il commence sa lecture. Il prononce chaque mot avec l’intention consacrée, et sait que ces secrets pourront protéger le peuple juif durant toute une année, comme l’a promis Rabbi Chimchon. Car les « embûches » ne manquent malheureusement pas sur notre chemin. Une mauvaise affaire, un risque de faillite, un procès qui peut mal se terminer. Les dangers sont nombreux et nous devons prier pour recevoir la protection divine à chaque instant de notre vie. Après deux ans de crise sanitaire, notre santé et notre liberté ont été gravement menacées. En se tournant vers le Tout-Puissant, grâce à la lettre de Rabbi Chimchon et notre volonté d’aider notre prochain, nous pouvons atteindre les plus hauts sommets de la Emouna et préserver notre vie et celle de nos enfants. En unissant notre âme à celle de Rabbi Chimchon, en entonnant une même supplique, nous intercèderons en faveur de tout le peuple juif.

Qu’en cette veille de Pessa’h, Hachem entende nos prières et nous délivre pour toujours.

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