Les quatre fils - Vaad harabanim

Les quatre fils

7/29/5774 31.03.2014

Les enfants sont attablés pour le seder. Tout est propre, tout brille et l’argenterie reflète les rayons de la pleine lune. L’émotion est palpable et les invités sont concentrés sur le récit de la Haggada. Elle parle directement à notre cœur, particulièrement lorsqu’on s’occupe de personnes en difficulté comme le fait David, bénévole au Vaad Harabanim.

 

David étudie le matin et travaille l’après-midi. Toute l’année, il consacre plusieurs heures par semaine à une Association qui lui est chère, le Vaad Harabanim. Bénévole depuis plusieurs années, il aime aider et conseiller son prochain. Lorsque Pessa’h arrive, il joue un rôle actif dans la préparation de la fête, au sein de la grande famille du Vaad. Et lorsqu’il commence la lecture de la Haggada entouré des siens, il ne peut s’empêcher de penser à d’autres proches, éloignés géographiquement mais si présents dans son cœur. Lorsqu’il arrive au passage des quatre fils, il pense à quatre autres enfants, qui lui évoquent des cas difficiles rencontrés à l’Association. Une occasion de se rappeler de ses frères dans la tourmente. Voici quelques exemples de ces cas que David a aidés.

 

Comme le ‘Ha’ham, Elie a consacré sa vie à l’étude et répond à toutes les questions, mêmes les plus épineuses. Il connaît les textes à fond et a toujours de bons conseils. Dans chaque communauté, on rêve d’avoir un Rav comme lui. Mais afin d’atteindre ce niveau, il a renoncé à beaucoup de choses et mène une vie très modeste. Les fins de mois sont plutôt difficiles et lorsqu’arrivent les fêtes, il doit faire face à des dépenses qu’il ne peut assumer. Mais nous pouvons l’aider afin que son étude donne ses fruits.

 

M. est un père de famille nombreuse qui a décidé un jour de tourner le dos à sa femme et à ses enfants. Du jour au lendemain, tel le « racha », il n’a plus donné signe de vie. Où est-il parti ? Tout le monde l’ignore. Mais ce que l’on sait, c’est qu’il n’a pas donné d’accord de divorce ni de pension alimentaire ; Rivka ne peut donc se remarier et doit assumer toutes les charges financières. Les enfants n’ont plus de père et leur mère est abandonnée, telle une veuve éplorée. Elle cache ses larmes et assume tout sans jamais se plaindre. Son monde s’est pourtant écroulé. La veille de Pessa’h, les souvenirs sont amers, les préparatifs difficiles. La libération est-elle proche ?

 

Le Tam pourrait ressembler à Aharon, un petit garçon âgé de cinq ans. Le soir du séder, les sœurs d’Aharon mettent la table avec application. Chacune a utilisé ses talents pour agrémenter le plateau et placer les Haggadoth avec soin. Mais Aharon compte et recompte les assiettes, puis apporte une chaise de la cuisine et l’ajoute autour de la table. Sa sœur aînée s’étonne et lui explique que cette chaise est inutile mais Aharon s’entête. Yaël tente de lui expliquer que chacun aura sa place. « Tu as oublié de compter maman ! » s’exclame t-il. Yaël lui répond alors, le cœur battant, que maman n’est pas là. Son petit frère rétorque, plein de candeur : « Eliahou hanavi va venir et grâce à lui, il y aura la résurrection des morts, et maman va revenir ! » Yaël le prend alors dans ses bras et l’inonde de ses larmes. Depuis que leur mère a disparu, tous les membres de la famille souffrent terriblement. Le père, en particulier, doit faire face aux besoins de chacun mais n’y parvient pas toujours. Une maman est irremplaçable… Et alors qu’il se partage entre son travail et la maison, il doit débourser des sommes considérables pour que ses enfants ne manquent de rien.

 

À l’hôpital, la bénévole qui s’occupe de Sara lui demande si elle chantera cette année « manichtana ». Mais celle-ci ne peut répondre qu’en hochant la tête. Jusqu’à l’âge de trois ans, la petite fille était tout à fait normale. Elle apportait la joie de vivre autour d’elle et amusait tout le monde. Un jour, elle a subi une intervention chirurgicale de routine. Mais malheuresement, un nerf important a été touché et Sara ne peut plus parler. Elle a toute sa tête mais ne parvient plus à articuler un seul mot. Aujourd’hui, Sara, que l’on pourrait comparer à « celui qui ne sait pas poser de question », a six ans et suit une rééducation quotidienne. Personne ne sait comment évoluera son élocution. Les traitements pour l’aider à parler un jour normalement sont coûteux. Mais qui pourrait en faire l’économie ? Ses parents gardent espoir, et sont prêts à surmonter toutes les difficultés.

 

Avant la fête, des cas difficiles se présentent tous les jours au Vaad Harabanim. Elie, Rivka, Aharon et Sara ont tellement besoin de notre aide ! De nombreuses personnes isolées sont dans une grande détresse matérielle et psychologique. Ils ne savent pas vers qui se tourner et se résignent souvent à la solitude et à la misère. Des veuves, des personnes âgées ou des malades sans famille dans les hôpitaux, souffrent sans savoir qu’il existe une extraordinaire solidarité juive qui peut leur permettre d’espérer. Dans notre budget de Pessa’h, prévoyons donc une somme dédiée à les soulager. Nous participerons ainsi activement à l’œuvre du Vaad Harabanim qui donne à des milliers de familles un soutien salvateur. Cliquez ici pour lutter pour faire régner la justice parmi nos frères tout en bâtissant l’œuvre de tsedaka fondée par nos Maîtres.