Yahrzeit de Rabbi Elimele’h de Lizensk : Le roi et Son serviteur - Vaad harabanim

Yahrzeit de Rabbi Elimele’h de Lizensk : Le roi et Son serviteur

9/21/5770 05.05.2010

Il y a plus de 200 ans s’éteignait l’un des fondateurs du ‘Hassidisme et disciple du Baal Chem Tov, le Noam Elimele’h. Ce grand tsadik détenait une force singulière, celle de la prière. Rabbi Elimele’h de Lizensk était capable d’intervenir pour ses frères humains en toutes circonstances et dans toutes les situations, même les plus désespérées. Grâce à ses supplications ardentes, il pouvait obtenir le sourire divin. Le 21 Adar, jour de sa hiloula, de nombreux Juifs se rassemblent autour de son tombeau, pour prier. Nous avons fait le voyage, pour vous.

 

Rabbi Elimele’h de Lizensk vécut il y a plus de 200 ans, en Pologne. Disciple du Baal Chem tov, il répandit l’enseignement du maître et créa le mouvement ‘hassidique en Pologne. Très jeune déjà, il fut connu dans le monde juif pour sa capacité à changer les décrets divins grâce à une arme unique : la prière. Avant de monter au Ciel, il fit une promesse : il interviendrait auprès du Roi des Rois pour tous ceux qui souffrent et viennent supplier Son nom. Depuis des générations, le 21 adar – jour de sa disparition – est devenu une date bien connue de tous ceux qui ont une demande spéciale à adresser au Tout-puissant. Ainsi, avant la seconde guerre mondiale, son tombeau était un lieu de prédilection pour la prière. Mais cause de la coercition religieuse mise en place par les Soviets, l’endroit devint désert. Depuis la chute du rideau de fer, les gens reviennent sur le site pour prier. Et nombreux sont ceux qui racontent les miracles dont ils ont été les témoins après avoir prié sur sa tombe.

Ainsi, pour venir en aide à de nombreuses personnes qui souffrent et ont besoin de l’aide du Ciel, des Admourim et des Rabbanim se sont rendus le jour de la hiloula sur la tombe du Noam Elimele’h pour prier et aider tous ceux qui se sont tournés vers le Vaad Harabanim. C’est la première fois que tant de Rabbanim et de ‘hassidim se sont réunis dans ce site et le moment était historique. D’autant que la Providence divine avait décidé qu’un miracle devait se dérouler exactement au même moment que la prière de ce 21 adar 5770 (7 mars 2010) …

 

Jeudi 18 adar 5770 (4 mars 2010), Beth Chemech

 

Israël avait déjà commencé les préparatifs de Pessa’h. Ce jour-là, il devait aller cuire des matsoth. Mais sur le chemin, il eut une faiblesse et sentit une pression à la poitrine. Dan, l’ami qui l’accompagnait, appela sur le champ une ambulance. Cette initiative fut vitale car Israël tomba dans les bras de Dan, inanimé. A l’hôpital, on craignait le pire. Le diagnostic tomba : Israël était victime d’une attaque vasculaire cérébrale.

Dans l’ambulance, l’équipe de secours faisait tout pour contrôler la situation. Mais le stress montait de degré à chaque minute. Dan était en permanence en ligne avec Sara, la femme d’Israël. Celui-ci était en danger de mort et Dan tentait de rassurer son interlocutrice par tous les moyens.

Sara, son épouse et Adina, la fille aînée d’Israël, rejoignirent Dan aux soins intensifs. Leurs regards, qui se croisèrent, en dirent long sur leur état d’esprit. La peur les étreignait malgré tous leurs efforts. Israël, quant à lui, semblait inconscient. Après avoir effectué des analyses complémentaires, les médecins annoncèrent qu’Israël avait également eu un infarctus.

 

Jérusalem

 

Au Vaad Harabanim, l’action bat son plein. Les premiers bénévoles sont déjà partis, destination Lizensk afin de préparer le pavillon qui accueillera les Rabbanim à proximité du tombeau de Rabbi Elimele’h. Au bureau à Jérusalem, toute l’équipe est affairée. Tout doit être prêt pour le jour J : les passeports doivent être en règle, ainsi que les billets offerts par une agence de voyage. Le départ a été fixé Motsé chabbath. Car le 21 adar tombe cette année un dimanche.

 

Jeudi soir, hôpital Hadassa Ein Kerem

 

Israël se réveille et c’est le soulagement général. Cependant, on doit attendre 48 h. avant de savoir quelles seront les séquelles éventuelles. Sara et ses neuf enfants prient de tout leur cœur. Les plus grands ont accompagné leur mère à l’hôpital, tandis que les plus jeunes sont à la maison et prient avec toute la candeur liée à leur jeune âge.

 

Vendredi matin

 

Il faut préparer le chabbath à l’hôpital. Les premiers résultats des analyses doivent bientôt arriver. La famille adresse un don au Vaad Harabanim. En apprenant qu’Israël est dans un état critique, c’est la consternation, le choc total. C’est principalement le cœur qui pose problème. Israël doit subir un triple pontage d’urgence. Sinon, selon les médecins, c’est la mort certaine.

 

Dimanche matin, 6h30, aéroport Ben Gourion

 

Bureau du Vaad Harabanim à Jérusalem. On met les dernières touches à l’organisation de l’événement. Des transports sont prévus afin d’accompagner les Rabbanim des quatre coins d’Israël vers l’aéroport. Puis c’est le départ vers l’aéroport et l’émotion est à son comble parmi tous les participants. Ben Gourion ce matin-là à une allure très particulière : des dizaines de ‘hassidim, venus accompagner les Admourim et les Rabbanim sillonnent les couloirs, le visage lumineux. Tous les témoins sont conscients de l’intensité du moment en constatant la grande concentration des Guéonim présents, qui se préparent spirituellement à la grande prière qu’ils vont bientôt adresser à D.ieu. Ils savent qu’ils portent sur leurs épaules une grande responsabilité. Bientôt, ils décollent de Tel Aviv et c’est à 11h40 qu’ils atterrissent en Pologne, attendus par les délégués du Vaad Harabanim. Les autocars sont là et vont les emmener au plus vite sur le site de Lizensk.

 

Au même moment, Israël entre au bloc opératoire. La famille est très inquiète et demande une prière spéciale à Lizensk. Sur ces entrefaites, il s’avère que l’opération est trop compliquée pour l’équipe d’Hadassa Ein Kerem. Le chirurgien renonce donc à faire l’opération et décide de faire transférer Israël à Tel Hachomer. Sara suit l’ambulance, dans le véhicule des parents d’Israël. Elle est seule car elle a voulu épargner un trop grand stress à ses enfants. Dans la voiture, c’est le silence, le recueillement. A Tel Aviv, Israël est attendu par les meilleurs chirurgiens de l’hôpital le plus renommé du pays.

 

Dimanche 16h10, Lizensk

 

L’heure de la tefila a été fixée par les grands Sages de la génération. Ni trop tôt afin de pouvoir se préparer, ni trop tard afin d’avoir le temps de prier.

Les Rabbanim se concentrent. Ils savent qu’ils vivent un moment unique. Les Admourim commencent bientôt à prier et on peut voir sur leurs visages la crainte divine, comme imprimée sur leurs traits emprunts de noblesse. L’Admour de Bialé, l’Admour de Tchernobil, l’admour de Ra’hmaztrivka sont associés aux descendants du Noam Elimele’h : Rav Schmerler, Rav Reutmann, Rav Mena’hem Mendel Fucks.

La prière spéciale commence avec la récitation de la tefila écrite par le Noam Elimele’h. Ensuite, tous récitent les Tehilim avec une ferveur très spéciale. Les larmes jaillissent, mêlés aux supplications. Puis les Sages récitent les attributs divins. L’Admour de Bialé commence à sangloter. Il déclare, comme un fils qui s’adresserait à son père plein de miséricorde : « La prière constituait le centre du service divin de Rabbi Elimele’h. Nous sommes réunis ici afin de sauver le clal Israël. Tout Juif traverse des épreuves et endure des souffrances. Que par le mérite du Noam Elimele’h, Hachem puisse apporter la yechoua à chaque cœur brisé du peuple juif. » Tous les fidèles commencèrent à pleurer, émus jusqu’au tréfonds de l’âme par cette intervention spontanée, pleine d’une sensibilité à fleur de peau.

 

Ensuite, les délégués du Vaad Harabanim mentionnent chaque nom de ceux qui ont voulu s’associer à la prière afin de guérir d’une maladie, de voir leur moyen de subsistance perdurer, de voir naître un enfant. Parmi ces noms figure celui d’Israël.

 

Au même moment exactement, à Tel Hachomer, celui-ci doit entrer au bloc opératoire. Le grand professeur a reçu les résultats des examens d’Hadassa. Mais il veut refaire les analyses.

 

A Lizensk, la ferveur des Rabbanim forme un appel puissant dont l’écho se répercute dans les sept cieux pour parvenir jusqu’au trône divin.

 

Et à Tel Aviv, c’est le miracle, d’après les dires mêmes des médecins. Les caillots de sang présents dans les artères ont disparu. Où sont-ils ? Après des analyses complémentaires, on les trouve dans la rate, ce qui écarte le danger de mort et élimine la nécessité des pontages, intervention dangereuse et redoutée par tous.

 

A Lizensk, les Rabbanim sont tout en prière.

Et à Tel Aviv, Sara, ses enfants, leur famille et leurs proches sont tout à la joie de cette extraordinaire délivrance. Rabbi Elimele’h avait dit vrai : tous ceux qui s’adressent à lui peuvent compter sur son intervention.

 

 

La prière de Lizensk est à l’image des autres tefiloth organisées par le Vaad Harabanim. Avec sérieux, avec amour, avec application et concentration, les délégués de l’Association s’investissent pour que chaque demande soit prise en compte Là-haut. Là où seule la sincérité compte.

 

 

 

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