Rav Elyashiv

Quelques histoires du Rav Elyashiv

A l’occasion du 6e anniversaire de décés de notre Maitre Rav Yossef Chalom Elyashiv Zatsal, nous vous fournissons quelques histoires sur notre Maitre.

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Il y a sept ans, un talmid ‘ha’ham, reconnu de tous, est décédé. Rav Shmuel Tsvi Rosenfeld zt ‘l était un homme de Thora, profondément attaché à Hachem et au service divin. Il était très discret et peu de gens connaissaient sa grandeur et savaient comment sa vie avait été dépendante d’une décision de Rav Elyachiv zatsal durant quarante ans. Parmi les nombreux mérites de la ville de Bné Brak, on peut distinguer celui de compter Rav Shmuel Tsvi parmi ses habitants. C’était un homme humble qui se consacrait corps et âme à l’étude de la Thora.

Lorsqu’il fut en âge de se marier, l’Admour de Lelov le choisit pour gendre. Rav Shmuel Tsvi était très attaché au Steipeler. Celui-ci connaissait sa valeur et savait que Rav Shmuel Tsvi était un homme saint. Peu de gens de cette stature spirituelle existait dans le monde. Il passait beaucoup de temps à parler avec lui de hala’ha et prenait toujours en considération son avis.

Mais face à la maladie qui le toucha, il ne put rien faire. Le médecin déclara que Rav Shmuel Tsvi était malade du cœur et qu’il n’avait plus beaucoup de temps à vivre. Il fallait opérer en urgence et d’après la médecine de l’époque (c’était il y a quarante ans) l’opération était très périlleuse. Le chirurgien évoqua la complexité de l’opération sans donner aucune assurance quant à sa réussite.

Tout le monde s’inquiétait pour Rav Shmuel Tsvi. Celui-ci demanda :

  • Combien de chance ai-je de survivre ?
  • Très peu, répondit le chirurgien.

Rav Shmuel Tsvi fixa un point lointain dans l’horizon et s’absorba dans une longue réflexion. Il finit par se lever malgré le choc. Il était âgé de quarante ans et devait se préparer à la mort. Il se rendit chez le Steipeler.

Le Rav lui demanda de noter sur une feuille de papier sa demande.

« Je voudrais survivre et que mes enfants ne soient pas orphelins. Je dois passer une opération très délicate qui a peu de chance de réussir. Je demande au Steipeler une promesse de guérison. »

Le grand Rav lut attentivement et donna sa bénédiction. Mais Rav Shmuel Tsvi demanda une promesse. Le Steipeler gardait le silence. Comment pouvait-il s’engager ? A changer les lois de la nature ? Pourtant, il finit par dire : « Vas à Jérusalem et rends toi chez un grand tsadik, Rav Yossef Chalom Elyachiv. Demande-lui qu’il décrète dans les mondes supérieurs qu’un psak soit rendu dans le ciel, à l’instar de toutes les décisions qu’il prend ».

Rav Shmuel Tsvi sortit plein d’espoir et se rendit sur le champ à Jérusalem, chez Rav Elyachiv, Re’hov Hanan 10.

Le Rav Elyachiv fut étonné par le conseil du Steipeler. Il cherchait comment répondre à sa requête de « décréter la guérison ».

Il voyait sur les traits de Rav Shmuel Tsvi qu’il s’agissait d’un grand homme. Il prit la décision : un psak dine demande une réflexion et il tenta donc de comprendre les tenants et les aboutissants de l’opération. Il répondit finalement : « Je décrète par la force de la Thora que le cœur de Rav Shmuel Tsvi continuera à battre de longues années. »

Rav Naftali Nusbaum évoqua un jour cette histoire devant ses élèves. Quelle fut l’importance de cette promesse ? Il raconta l’histoire de Rav Shmuel Tsvi. « Quarante ans ont passé, expliqua t-il. Durant toutes ces années, Rav Shmuel Tsvi a continué à étudier, à enseigner, à s’occuper de ses enfants. Il a pu les marier, et il eut de nombreuses satisfactions. Il n’a plus jamais eu de problèmes cardiaques. 40 ans après, son cœur a cessé de battre. Quelques mois plus tôt pourtant, il s’était rendu chez le cardiologue qui lui confirma que son cœur était parfait.  « Le Rav Elyachiv a également béni et fait des promesses aux donateurs du Vaad Harabanim, avec tout le feu de la Thora. Il bénissait tous ceux qui soutenaient le Vaad. Ses prières soutenaient la tsedaka de l’Association. »

Rav Kanievsky explique que ces bénédictions sont éternelles. Elles se réalisent pour chacun des donateurs. Rav Elyachiv a fait des promesses dont on peut encore profiter, du moment que l’on soutient le Vaad Harabanim.

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Pourquoi je ne rédige pas mes enseignements talmudiques ?

L’élève de Rav d’Elyachiv zatsal, le Rav Yossef Shraga Scheinberger raconte : « Un jour, le Rav Elyachiv me demanda si j’avais consigné dans mes écrits l’une des réflexions qu’il avait eu durant l’un de ses cours sur la problématique du Beith HaLévy en s’excusant de ne pas avoir l’habitude d’écrire lui-même ses enseignements ; Après un court silence, il ajouta : « Je vais vous avouer pourquoi je ne le fais pas : c’est parce que le temps que je prendrais à écrire serait pris sur une nouvelle explication des Tossfot. » « C’était extraordinaire ! Durant cent ans, Rav Elyachiv a réfréné son envie de mettre par écrit son enseignement afin d’étudier davantage. »

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Une courte lettre, 20 mn d’intensité

 

Le Rav Elyachiv termina sa prière et rangea ses tefiline. Il prit un papier et un crayon. Durant 20 mn, il s’assit et pesa chaque mot. 20 mn, c’est une éternité chez la famille Elyachiv ! De temps en temps, il essuyait son front, en s’absorbant dans sa réflexion, vérifiait ce qu’il avait écrit et pensait au prochain mot. Le  Maître du daat Thora du peuple juif libèra un temps spécial afin de trouver les mots justes pour les donateurs du Vaad Harabanim. Lorsqu’il finit de rédiger sa lettre, on put lire les 13 mots suivants : « Les donateurs du Vaad Harabanim seront bénis depuis la Source des bénédictions et réussiront dans l’étude de la Thora et la crainte du Ciel. »

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Pourquoi notre Maître ne priait pas au lever du soleil ?

Chaque nuit, à deux heures du matin, Rav Elyachiv se levait pour prier et ce jusqu’à la prière de Cha’harit à six heures. Son petit-fils, Rav Israël, lui demanda un jour : « Si vous êtes réveillé au lever du soleil, pourquoi ne priez-vous pas à ce moment là ? »

« Je préfère étudier la nuit. J’aime le silence, le calme. Personne ne me dérange ni ne me pose de questions. C’est un moment privilégié »

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Une larme devant le Kottel

Notre Maître ne pleurait jamais. Son fils, le Rav Moché Elyachiv, rappelle un événement rare : « Un jour, il laissa libre court à ses émotions. Après la libération du Mur occidental pendant la guerre des six jours, il se rendit pour la première fois à l’emplacement du Temple. Il approcha sa main des pierres du Kotel et se mit à sangloter. Ses larmes tombèrent sur les pierres. Ce fut l’une des rares fois où il pleura. »

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Le compte en banque de Rav Elyachiv

Un riche californien fit un jour son entrée chez le Rav et proposa de transférer une somme importante sur le compte personnel du Rav. Il souhaitait avoir une part à son étude. Le Rav Elyachiv s’arracha à sa Guemara et lui dit calmement : « Tu veux me donner de l’argent personnellement, que j’en prenne possession ? » L’Américains acquiesça, rayonnant. « Parfait, j’ai un compte personnel et il s’appelle Vaad Harabanim. Le numéro de compte est le 409 425 699. Tu peux y transférer toute la somme » Le donateur était comblé et transféra la somme sur le « compte personnel » du Rav.

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Que se cache dans la poche du Rav ?

L’événement de la bénédiction  du soleil au Kotel, en 2011, ne laissa personne indifférent. La prière du matin se termina et le Rav marcha avec ses proches et sa famille en direction de l’ascenseur qui devait les mener sur une scène. Soudain, alors que tout Israël le regardait, il s’arrêta et chercha quelque chose dans sa poche. Il en sortit un billet de 200 chékels et demanda à voir l’un des responsables du Vaad Harabanim. Il lui donna les 200 chékels. C’est seulement après avoir adressé ce don que son esprit était libre pour prononcer cette rare bénédiction. Après qu’il l’eut fait, des Lévis entonnèrent un chant et la foule présente sur l’esplanade se mit à danser. La joie était intense…

Le Rav demanda à ce qu’on lui apporte la liste des donateurs et à la vue des milliers de personnes présentes, et il commença à adresser une supplique au Maître du monde pour la réussite des donateurs. Il demanda à ce que tous ceux qui aident les étudiants de Thora et les nécessiteux puissent bénéficier de l’aide du Ciel.

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Le « Acher Yatsar » du Maître

L’un des petits enfants du Maître décrit avec émotion un moment quotidien du Rav : « Quand un Juif termine la bénédiction de Acher Yatsar, il marque un temps d’arrêt. Mais mon grand-père ne faisait pas ainsi et enchaînait directement sur son étude. Il poursuivait directement sur la suite de son limoud. Les deux faisaient partie de la vie de ce soldat qui ne perdait pas une minute, conscient qu’il était au front en permanence.

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Le Rav devant un écran digital

Un jour, le Vaad Harabanim inaugura un écran digital sur une boîte de tsedaka afin d’expliquer son action au public.  On la montra au Rav. L’homme de la hala’ha, le Maître d’Israël, détacha son regard de la Guemara, lui qui avait consacré sa vie entière à l’étude de Rachi et de Tossfot et s’intéressa à l’écran. Il l’examina longtemps et posa des questions sur la boîte digitale. On lui expliqua comment elle fonctionnait et comment l’argent était directement transféré sur le compte du Vaad via l’ordinateur central de l’Association. Le Rav manifesta une profonde satisfaction lorsqu’on lui expliqua que la sécurité était garantie et que l’appareil était sophistiqué. Les banques internationales en utilisait des similaires. Lorsque l’un des enfants de sa famille émit une critique, le Rav répondit : « Il est bon de connaître la technologie qui permet de transmettre la tsedaka que l’on donne. »

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